De ce qui
pourrait nous briser,
émergent des musiques tendres
qui s’élèvent en colonnes
bleues.
Qu’est-ce qui m’a donné froid, ce soir ?
J’écarte des mains où tout
glisse sur des miroirs écorchés.
Mon enfance s’est écaillée.
Je n’en ai plus que souvenirs vagues.
Le présent a tout
mélangé.
Mes enfants dansent
aujourd’hui sur les sables blonds de
l’été.
C’est à une enfance libre et sauvage dans l’Atlas marocain que Claude Clément attribue sa vocation d’écrivaine. Auteure de nombreux contes publiés en France et à l’étranger – dont certains ont reçu des récompenses prestigieuses -, elle n’en a pas moins poursuivi un parcours continu en matière de poésie : deux recueils et à présent plusieurs livres d’artiste en collaboration avec des plasticiennes faisant partie de ce qu’elle nomme les « belles personnes » qui nourrissent sa créativité. De ces rencontres qui marquent une vie, elle en a fait beaucoup au cours de ses voyages. Certaines ont été prégnantes, telles que celles des écrivains tchèques Bohumil Hrabal et Milan Kundera, du poète Jaroslav Seifert - Prix Nobel de poésie - ou du peintre slovaque Rudolf Krivos, qui l’ont conduite à apprendre leurs langues et à promouvoir la littérature et les arts d’Europe Centrale. Vivant à présent dans un petit village de l’Aveyron, elle se dit désormais sans racines, mais citoyenne d’un monde qu’elle n’a pas fini de découvrir et qui ne cesse à la fois de l’étonner et de l’inspirer. Présent dans le n°119 de Lichen.
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