L'atelier des mots donnés

 



Pour ce n° 120 de Lichen

39 mots ont été récoltés, donnés par 27 lectrices et lecteurs : 

 

 


Verbes (7)

Adjectifs (8)

Substantifs (24)

Autres (..)

39

indigner

grégaire

atrésie



moirer

tactile

drupe



rétamer

inséparable

galipette



renverser

janséniste

maatje



recevoir

covalent

aegagropile



vieillir

implicite

épigone



ratiociner

splendide

sérendipité




enthousiasmant

espérance





symbiose





cyprès





départ





ténacité





lumière





acrobaties





fulgurance





salut





infinitude





transmission





escale





fondeur





poulbot





lavette





existence





évanescence




Et six contributions pour ce numéro !




Toujours célibataire

J'ai bien vieilli, certes, mais m'indigner devant les galipettes et autres acrobaties sexuelles d'un régiment de poulbots en escale se renversant au pied d'un splendide cyprès au parc municipal, non ! Pas me prendre pour un janséniste à ratiociner au nom du salut, de la lumière, de l'infinitude, de la fulgurance, de l'espérance devant d'enthousiasmantes expériences tactiles. L'instinct grégaire m'invitait même à chercher la symbiose avec ces épigones. Mal m'en prit ! La transmission de mon intérêt pour l'évanescence moirée d'une jolie métisse se heurta au refus implicite de son inséparable partenaire. Je reçu une volée de drupes en réponse à mes approches. L'envie de rétamer cette lavette possessive me parcourut un instant mais seul contre une dizaine de fondeurs, je manquais de ténacité. Une atrésie, que dis-je ? la formation d'un ægagropile dans mon pauvre estomac (d'où le verbe estomaquer, vous noterez la sérendipité) me laissa pantelant. Sur le départ, je mesurais une nouvelle fois le peu de poids de mon existence dénuée de toute covalente union, mais pris le temps de demander à la ronde la signification du mot maatie qui m'avait bloqué toute la matinée sur un « mots croisés niveau 4 ».

(Eric.C.)




Vieillir

Inutile de ratiociner, à 80 ans, on a son âge même si ou ne le paraît pas encore trop. S’indigner, paré d’une splendide espérance de continuer à moirer de mille feux, tenter des galipettes et des acrobaties lors de fulgurances enthousiasmantes. Il ne faut pas être un janséniste éclairé pour prédire quelques désillusions. Croire que fringant comme un jeune poulbot on renversera l’inéluctable transmission dégradante de l’existence, compter sur son salut à force de ténacité. Recevoir le précepte à la mode : « la santé, c’est le mouvement ! » et l’appliquer comme un fondeur de marathon sans escale, on court le grand risque de se rétamer. Grand âge est implicite et inséparable de douleur, covalents comme la symbiose de deux atomes voisins. Cependant il reste des raisons d’espérer. Lorsque l’on se croit perdu, voyant en cauchemar les cyprès préludes du grand départ, il faut réagir et abolir les conduites grégaires, marcher chaque jour, développer sa sensibilité tactile lors d’exercices sensoriels multiples, lutter avec acharnement contre les atrésies orificielles, manger moults drupes et maatjes pour lutter contre les aegagropiles pharyngés. S’équiper d’une lavette magique pour accéder à la lumière, en épigone des grands philosophes antiques et profiter de son aptitude aux sérendipités pour faire éclore la puissante évanescence de l’infinitude des adversités.

(Alain D.)




(sans titre)

Dans la lumière presque tactile, les cyprès du petit chemin conduisant au cimetière se moiraient d’argent. Tout près, symbiose entre la plage noire et les fulgurances splendides de la pleine lune, les aegagropiles échoués, drupes salées et dures, nées de l’écume et y retournant, recevaient l’évanescence de ces ondes célestes et les éclaboussures de la marée qui remontait comme le salut d’une divinité immémoriale. Derrière les fenêtres entrouvertes de l’EHPAD tout proche, d’anciens fondeurs aux poumons silicosés, jansénistes et grégaires, vieillissaient lentement, résistant à leur atrésie intermittente, et s’indignaient à voix basse des galipettes enthousiasmantes de la nouvelle aide-soignante agitant sa lavette, et des acrobaties qu’elle osait avec son inséparable chef-cuisinier, celui qui préparait les merveilleux maatje, dans l’espérance toutefois qu’ils auraient encore une fois l’occasion de guetter la transmission coquine de leurs messages amoureux. Cette ténacité chez des débris humains, preuve implicite de l’infinitude du désir chez des gens en escale au mouroir et sur le départ définitif, renversait toutes les idées reçues du médecin attaché à l’institution : il avait beau ratiociner, de même que la sérendipité avait découvert contre toutes les évidences l’existence de l’union covalente des électrons, sa théorie pessimiste sur la survie des vieillards en milieu fermé se rétamait lamentablement devant ces épigones de l’Adonis éternel, qui reluquaient comme des poulbots polissons les dessous d’une blouse blanche en faisant semblant de regarder le clair de lune au-dessus des sables de Zélande.

(Bernard M.)




Comme à Ostende

Ratiociner avec la ténacité des jansénistes sur l'atrésie de la lumière
s'indigner du départ des princesses démonétisées
vieillir en s'accrochant, grégaire, à l'infinitude de la transmission des servitudes
renverser la covalence d'inséparables épigones
C'est non ! Pas un non implicite qui s’essuierait avec une lavette, un non qui peut-être s'effacerait dans la symbiose.

Mais je dis oui, splendide ! aux acrobaties, aux galipettes, aux expériences tactiles enthousiasmantes qui moirent l'existence des poulbots frondeurs.
Oui à rétamer une caque de harengs salés, même si je préfère des maatjes ; et puis flâner sous les cyprès dans l’espérance d'apercevoir le saint esprit.

(Annie H.)




Départ des transmissions


Un joyeux petit mattje janséniste

faisait des galipettes en fulgurance

parmi les aegagropiles unijambistes,

renversant les drupes pleines d’espérance


qui vieillissaient gentiment dans l’infinitude

de leur sournoise atrésie covalente

et la ténacité de leur splendide solitude,

de la sérendipité lourde et lente


des épigones de la grégaire évanescence,

dont les acrobaties se moiraient dans la lumière

enthousiasmante de leur vile existence,

inséparable symbiose du salut par la bière.


Indignée par ces poulbots ratiocinant en déshérence,

et les fondeurs rétamant les cyprès en prière,

cette triste lavette dut faire escale en France

et recevoir les hommages tactiles de la lune fière.

(G. de P.)




Partiel

Est-ce pet rance ?

— Oh, je ne suis pas drupe, vous savez ! Je prends des parts, si près qu’Ève a naissance.

— Mais le fondeur effraie la basse-cour et la poule botte en touche…

Saint-Bis, ose ! Et pis, go, nœud !

Sale U !

Eh, gars gros, pile ! arrête-toi ici, car la gale y pète.

Il s’est rendu, dépité…

(Nice, c’est fort, taupe-in-Hambourg)




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