L'atelier des mots donnés

 

 

 

Pour ce n° 119 de Lichen, 19 mots ont été récoltés, donnés par 7 lectrices et lecteurs : 

 

 


Verbes (2)

Adjectifs (5)

Substantifs (10)

Autres (2)

19

flipper

cordial

hanap

Pléiade


rompre

dragueur

iambe

judicieusement



lugubre

macassar




nosocomiale

manécanterie




allongé

tripot





onyx





apoplexie





brassière





assaillante 





bijou




cordial

dragueur

flipper

hanap

iambe

lugubre

macassar (Précieuse variété d'ébène brun veiné de noir, provenant d'Indonésie).

manécanterie (chœur d’enfants)

nosocomiale (affection contractée dans un établissement de santé).

tripot

onyx

Pléiade (groupe d’étoiles — ou de poètes)

apoplexie (hémorragie cérébrale)

allongé

brassière

rompre

judicieusement

assaillante 

bijou



Vice et versa

Il avait joué jusqu'aux bijoux de famille et même le hanap que l'arrière-grand-mère avait volé chez ses patrons, en flippant dans un tripot lugubre, judicieusement placé face à la manécanterie, repère d'une pléiade de dragueurs gominés à l'huile de macassar et joueurs invétérés. Par chance, une maladie nosocomiale autant qu'assaillante, le tenant allongé, serré dans une brassière, au bord de l'apoplexie, l'incita à rompre ce comportement inadapté à son naturel cordial. Travaillant l'onyx avec agilité, il reconstitua peu ou prou le trésor familial et se remit à la composition de iambes avec succès.

(E.C.)

 


La rupture

Julien a décidé de rompre avec Noémie, mais ça le fait flipper ; elle venait le voir chanter à la manécanterie quand il était petit. À l’époque il relevait d’une maladie nosocomiale et malgré les risques de contagion elle s’était allongée à côté de lui ; très impressionné, il lui avait offert un hanap en argent à couvercle en macassar et onyx qu’il avait « emprunté » à son père qui prétendait l’avoir eu en héritage d’un lointain ancêtre proche d’un poète de la Pléiade. Il lui avait fait croire qu’il excellait en poésie et que son cœur battait en iambes, une brève, une longue.

Depuis la magie s’était évaporée. Cette petite à brassières en coton et à bijoux fantaisie lui inspirait un cordial ennui.

À 20 ans, dragueur expérimenté il était sollicité de toutes parts. Il aimait se perdre dans des tripots lugubres, boire et fumer jusque l’apoplexie, côtoyer des hétaïres déchainées et fuir judicieusement leurs folies assaillantes.

(A.D.)



Le grenier poétique


Entrer dans ce grenier, ça les a fait flipper. Direct. Presque une apoplexie.
Un enfant de la manécanterie conduit par la curiosité dans ce local lugubre, séduit par un dragueur cordial lui offrant un hanap d'onyx couvert de toiles d'araignée, un bijou sorti de la poussière, aurait passé un sale quart d'heure.
Il fallait rompre le charme nosocomial de ce lieu aussi malsain qu'un tripot, vite, vite, faire le vide.
Assaillantes vouées à la saleté, sans gilet ni brassière de sécurité, sans masque chirurgical,
leur journée dure, dure sans bénéfice.
Toutefois un coffre de macassar attire l'attention d'Anne qui, judicieusement l'ouvre avec le manche de son balai. Il recèle un objet allongé, blanchi, un autre, encore un autre... Un crâne enfin, le doute n'est plus permis, ce sont des os, les restes d'un poète? Jocelyne récite
Dans quelques coins du grenier / j’ai trouvé des ombres vivantes / qui remuent.*
Pas des ïambes certes, pas la Pléïade, mais quelle satisfaction ! On a retrouvé Nithard !
* Pierre Reverdy (La lucarne ovale)

(A.H.)

 


En suivant scrupuleusement l’ordre alphabétique des mots reçus

Allongée à la suite d’une apoplexie assaillante, tel un bijou sur une brassière, elle avait été la proie d’un cordial dragueur — ce qui la faisait flipper sérieusement.

Mais un charmant hanap qui passait par là, produisant des iambes judicieusement avec sa lugubre lampe de poche (il devait confondre la poésie avec le morse !), la sauva de l’embarrassante situation, à l’aide d’une massue de macassar (que les enfants de la manécanterie qu’il dirigeait lui avait offerte).

Emmenée vivement à l’hôpital, la pauvre fille attrapa une maladie nosocomiale (c’était prévisible !), à cause de l’onyx du lavabo (on sait, au moins depuis les poètes de la Pléiade, que l’abus de calcédoine n’est pas très sain pour les gencives).

S’étant enfuie de l’hosto, après avoir rompu avec le gentil chirurgien qui ne lui voulait pourtant que du bien, elle se retrouva dans un tripot — pas de pot !

(G. de P.)

 


Dialogue à la manécanterie

Oh, Nix, as-tu déjà lu Gubre ?

— Non ! Il est dans la Pléiade ?

— Oh non, il est trop dragueur… Et puis, c’est le mac à Sahr, alors tu comprends… ? — Mais, même s’ils ont rompu, leurs relations restent cordiales, non ?…

— Bof ! C’est un type à nappe et à brasse-hier, pas vraiment un bijou, pas de quoi s’allonger, plutôt de quoi flipper…, voire à choper une apoplexie judicieusement nosocomiale, tu vois l’genre !

— ça me fait un bel iambe !

— Bon, faut qu’j’y aille ! J’ai un rancard à Saillans, dans un trip hot.

(Nicéphore Topinambour)

Tragédie burlesque

 

 

Judicieusement sanglée dans sa brassière,

La choriste envoûtait la manécanterie.

Ses bijoux en onyx attiraient le dragueur

Et causèrent souvent plus d’une apoplexie.

Moi je flippais, lugubre, en vidant des hanaps

Sur le bar du tripot en bois de macassar,

Riant dans la Pléiade aux iambes de Chénier.

La choriste mourut : fièvre nosocomiale !

Rompu par ce destin, je restai allongé,

Sirotant un cordial, regrettant à jamais

De n’avoir succombé au chic de l’assaillante.


Bernard Maréchal












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