Sébastien Delannoy

 

 

Un été à Brest


Sans gnôle, bah, j'ai connu mes premiers transports
amoureux à Brest : trains, bus, cars, bateaux - pieds beaux !

J'ai embrassé comme la rade à chaque port
l'Iroise avec la langue, les dits pieds dans l'eau.
J'ai trimé le vertige aux câbles, capucin
de cabine téléphérique ou de lecture.
Les colonnes m'ont élevé le long des saints ;
de sous les voûtes j'ai prié au très haut mur
des lamentations percées de couleurs chaudes.
Quelque chose se trame ici qui m’édifie :
sur les quais et les trottoirs la ville minaude ;
de ses appels du pied il ne peut faire fi
ni s’taire : mon cœur signe ce petit billet
d'amour poétique qui la béatifie.
Je désirerais sans retour y être allé ;
pour m’y transporter, au poème je me fie.




Sébastien Delannoy a écrit sa première poésie en cette même année du lycée, un sonnet sur les vampires jugé "terrifiant" à l'époque. Il a surtout découvert la pensée au BAC français grâce à Victor Hugo. Pendant ses années de faculté il a consacré de courts textes à de grands écrivains: Entonnoir Artaud et L'effondrement du Kafkadeur en 2011, Jouir sans mensonge et sans anxiété en 2012 (sur Meyronnis), ainsi qu'un essai fatidique sur Flaubert en 2013 Entre muraille et claire-voie, tous publiés sous pseudonymes sur le site Paroles des Jours. En 2025, à l'âge de 36 ans, il découvre Verlaine en ses poèmes saturniens et joue depuis à composer des vers rimés qui flirtent très souvent avec la sexualité. Il a publié en janvier 2026 son premier roman : Point-virgule, ponctuation d'une vie active (éd. Borromées). Blog: https://substack.com/@pointvirgule. C’est sa première apparition dans Lichen.



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