Vincent Bouzignac

 

 

Perte

Éclatés çà et là sur d’infinis chemins,
Des fragments de soleil enlacés par les vents,
Douces feuilles d’automne, détachées et rêvant,
Mes souvenirs s’engouffrent dans de creux lendemains.
 
La présence de la mer, le voile noir des oiseaux,
Le parfum de la rue, les murmures du soir,
Cette lune d’avril, la vieille balançoire,
Le regard des enfants, la douceur de ta peau.

Comme j’aimerais qu’ils restent ! À jamais suspendus,
Les recouvrir d’étoiles et de marbre sacré,
Les crier au cosmos, les sculpter dans le grès.
 
Ces instants éphémères, par Saturne abattus,
Portent une douceur amère, un linceul déchiré,
Entre un souffle éternel et une mort désirée. 





Père de trois enfants ensoleillés, Vincent Bouzignac est psychologue sur des terrains subjectifs heurtés par la vie. Il pratique le théâtre depuis deux décennies. Il écrit dans les interstices vides de l’existence, principalement de la poésie et du théâtre. Les questions existentielles, sociales et les profondeurs inconscientes, à l’ombre des mots, viennent nourrir son écriture, comme un soleil absent qui cherche sa forme. C’est sa première apparition dans Lichen.



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