les arbres de Judée dégainent leurs fleurs mauves
calligraphient les spectacles
les gros oliviers muets comme aux abois
les hommes passent les femmes passent et les enfants
petits ex-voto d’animaux au musée d’Olympie
plus rien ne parle sinon l’infime
comme des chevaux playmobil de l’enfance
et quelques vases de verre
cheveux de bronze bouclés
et quand le drapé d’un himation s’installe dans un Hermès de marbre
l’humanité atteint la pierre
pour résister
ne pas mourir
le reste les armes les jambières les bronzes
pour les bras et les rangées de casques hautains
rien ne parle
mieux que les bijoux des femmes
la perplexité de la guerre avec le bronze et les os-outils
excavation néolithique en pleine Olympie
quand les Lapithes et Apollon visages lisses sereins célèbrent la civilisation
face aux centaures-monstres
rien sinon l’art
ne distingue une civilisation guerrière d’une civilisation ennemie
(Bateau laboure bleu, recueil inédit)
Anne Barbusse a publié des textes dans les revues Arpa, Le capital des mots,Sitaudis,Comme en poésie, Terre à ciel, Cabaret, Recours au poème, Traction-Brabant et Nouveaux délits. Présente dans les n° 58, 59, 60, 61, 62, 63, 75, 76, 95 de lichen.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire