Delphine Gest

 

 

Visages valises


Miroir d’eau lustrée par le tiroir valise,
Cet étonnant bagage surgit aux appels à tisser le visage.
Se vide la page, les mots rendus aux atomes,
Marbre de vie celée où les enfants jouent à cache-cache.

Plonge où le sens revient.
Le chaos escalier donne de nouvelles pages.

De la peau de soie il rira la cire efface la soie,
Imagine et cherche la manière, le dédale de la bougie.
En prière le bois frais de ton âtre glisse sous la gorge.

Perds l’os du bouton calligraphe, l’anti-texte,
Le feu fin s’étiole brûle certaines pages,
Mange le pain sous la pluie tu plies le nerf vissé,
Tu manges autre chose.
Oblique de l’âme tu regardes derrière tu cherches l’amour perdu.

Touche cette main l’âme que tu presses te câline,
T’affaire à l’essor du poème.
Il reste un pan végétal petit os longtemps à refaire
Jamais plus bas que soi.

Le visage perd de sa consistance :
Le miroir aux mouvements cassés dépasse le mouvant où le sel pleut

Je peux crier la fleur…






Delphine Gest  Née en 1969, elle a obtenu une maîtrise de lettres à l'université de Lille 3. Nombreuses publications dans des revues comme Traction-BrabantL'IntranquilleLe moulin des loups... et expositions de peinture. Actuellement, « Les Inséparables » : trio avec lectrice de ses poèmes et accompagnement à la guitare. Recueil "Solitude sans moi" 2023 Atelier de l'agneau Editeur. Présente dans les n° 39, 40, 41, 42, 43, 46, 47, 48, 56, 57, 58, 59, 85, 86, 87, 88, 95 et 113 de Lichen.




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