Dans ma crevasse verbale il y a une hérétique glossolalie, un loup garou de secours, une tarte d'or et un nombre aux pommes, la crainte et la pitié tragiques,et la catharsis aussi.
Dans ma crevasse verbale il y a deux ou trois cris confits, une raie ponce pour raboter les questions, le train de mes pensées, la panse de mes traînées, un regard sombre de l'en dedans.
Dans ma crevasse verbale il y a l'exil et le coup de foudre, la peur immense et dégingandée, un hérisson hirsute, et une voix rauque and drôle.
Dans ma crevasse verbale il y a des chevaux cauchemardesques, de la viande de poupée grotesque et quelques champignons de barbarie.
Dans ma crevasse verbale il y a la neige en été et la sueur en hiver, et l'angoisse de mort qui suppure.
Dans ma crevasse verbale il y a Alice poursuivant le lapin pressé, il y a Holden Caulfield sous sa casquette de bûcheron, il y a des arbres il y a le marbre de ma tombe.
Dans ma crevasse verbale il y a des vassaux sanguins au service de ma valve calcaire qui palpite.
Dans ma crevasse verbale il y a l'oubli dans lequel tombent les instants psychotiques, il y a le clivage de la folie la plus tournoyante.
Dans ma crevasse verbale il y a la fée verte de l'absinthe et le démon bleu de la bière brune, il y a tous les baisers que j'ai donné à celles ci et à ceux là.
Edgar Globuleux roule au quotidien entre ses amitiés francophones et ses amitiés anglophones, sans oublier ses amitiés félines. il écrit, colle, et caviarde (rien à voir avec les poissons), dès lors qu'il en a les cuillères (et parfois les fourchettes). C’est sa première apparition dans Lichen.
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