Le monologue de l’ombre
Reste, reste là, penchée,
Ne quitte pas la fenêtre ;
La lune est déjà arrivée
Et, derrière toi je peux être.
Demain tu vas porter tes pas
Sur les allées du vieux parc ;
Je vais te suivre, mais pas à ton bras,
Sur asphalte je traînerai ma marque.
Quand tu ressens parfois la solitude
Je veux que tu me voies en compagne ;
Tu regardes et je sais avec certitude
Que je serai là, comme l’ombre d’un bagne.
Tu ne me parles pas, je suis le reflet noir,
La double sans visage et ton plus noir miroir.
Quand la lumière meurt, je m’efface et je dors,
Pour renaître demain sur le flanc de ton corps.
Je connais tes secrets, ainsi que tes silences,
Je subis tes repos et toutes tes errances.
Parfois, je voudrais bien quitter ce sol altier,
Pour m’envoler enfin, déliée de ton pied.
Ileana Budai d’origine roumaine est née à Timisoara en 1955, elle écrit depuis l'enfance. À 50 ans, son installation en France lui a offert le défi de recréer son univers dans une nouvelle langue. Ce cheminement, enrichi par sa participation à divers concours, a trouvé un bel écho dans la joie de voir plusieurs de ses textes primés et publiés dans des revues et anthologies. Membre de la Société des Poètes Français, elle continue d'explorer avec passion la musicalité des mots, cherchant dans chaque poème l'équilibre entre rigueur et émotion. Elle travaille actuellement à la création de son premier recueil. C’est sa première apparition dans Lichen.
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