Pour ce n° 124 de Lichen, 25 mots ont été récoltés, donnés par 9 lectrices et lecteurs :
Verbes 5 |
Adjectifs 3 |
Substantifs 15 |
Autres 2 |
25 |
deviser |
enroué |
gâterie |
moult |
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innover |
affligé |
âcreté |
cahin-caha |
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rafistoler |
furtive |
bougnat |
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soliloquer |
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zouave |
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amignonner |
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poulaines |
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fripouille |
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obéissance |
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voussure |
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serpolet |
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carambouille |
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soupente |
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bistrot |
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cérumen |
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mangrove |
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scorie |
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7 Contributions
Éric CUISSARD
SCÈNE DE TROQUET
Le bougnat devisait d'une voix enrouée, affligé qu'il était d'une angine furtive, sur l'efficacité des injections d'huile essentielle de serpolet dans l'oreille pour fondre les bouchons de cérumen. Il soliloquait plutôt, le zouave, une fripouille de bistrot, à qui il s'adressait l'écoutant cahin-caha, occupé qu'il était à rafistoler un billet de banque avec lequel il espérait amignonner une petite et obtenir moult gâterie. Il innovait, tant dans la réparation de biffeton que dans le maquereautage, lui qui saoulait la clientèle avec ses histoires de carambouille, de rendez-vous secret dans des soupentes, discret sous la voussure, de trafic de poulaines, de l’âcreté des scories d'êtres humains incinérés à la diable et dispersées dans la mangrove. Il finissait invariablement par la totale obéissance du au capot di capot, cette grosse tache de mythomane.
Guillemet de PARENTHESE
La fripouille
Cahin-caha, cette fripouille de bougnat sortit, furtif, du bistrot, fomentant moult carambouilles compliquées à l’intention du pauvre zouave qui, affligé par l’âcreté de la chaleur excessive de ce terrible mois d’août parisien, l’attendait depuis des heures sous la voussure du Pont de l’Alma.
D’une voix enrouée, il tenta de l’amignonner, soliloquant pâteusement pour lui promettre de lui rafistoler ses misérables poulaines usées jusqu’à la corde, devisant avantageusement à propos des gâteries supposées de la mangrove auvergnate, lui jurant obéissance sans scorie, innovant toutes sortes de folles cabrioles dans le serpolet ou la soupente, à lui faire sortir le cérumen de ses esgourdes incrédules… Mais qui l’eût cru ?
Nicéphore TOPINAMBOUR
L’ornithologue en colère
Lorsqu’il se fâche, il ne traite pas ses ennemis de tous les noms d’oiseaux (vous le comprenez bien).
Dans l’âcreté de son ire, il préfère innover avec des jurons de sa composition et soliloque ainsi :
- bougnat de mangrove !
- fripouille furtive !
- carambouille au cérumen !
- voussure de poulaines !
- obéissance rafistolée !
- zouave de soupente !
- scorie de bistrot au serpolet !
- affligé de cahin-caha !
- amignonné !!
… et moult autres gâteries enrouées…
Drôle de façon de deviser, me direz-vous ?
Et pourquoi pas ?
Alain DAMBREVILLE
Le bougnat magnifique
A peine sorti de l’adolescence, à la fin des années quarante, Arsène quitte son Auvergne natale à pied avec son cousin Odilon pour conquérir Paris. Ils devisent gaiement, en marchant cahin-caha, à galoches sur les sentiers pierreux jonchés de scories volcaniques.
Ils savent l’âcreté du métier de livreur de charbon qui les attend et l’obéissance absolue imposée. Dans sa soupente, aux grands froids, enroué, affligé d’une toux persistante et d’un bouchon de cérumen anxiogène, il résiste encore et encore. Parfois il tente de s’évader en rêvant mers et mangroves. Souvent, il soliloque : « vivement que j’ai mon bistrot » !
Après dix ans d’un travail acharné, enfin, il achète un petit local rue de la chanoinesse dans le 4éme arrondissement. Il le rafistole et il est victime de fripouilles, de carambouilles, et d’une bande furtive de zouaves qui le cambriolent une nuit. Mais, à force de travail jour et nuit, il s’en sort. Pour réussir, il faut innover, c’est alors qu’il sort ses recettes secrètes auvergnates et en particulier sa recette signature qui a fait sa notoriété, la côte de bœuf de Salers à l’aligot et au serpolet. C’est l’ère du « bougnat magnifique ».
Au début du deuxième millénaire, comblé, il rentre dans son village natal, Tournemire, achète une demeure en pierres de tuf à voussures décoratives et à toit de lauzes avec vue sur la Doire. Bien calé dans ses poulaines, il oublie les temps durs, s’offre moult gâteries et passe son temps à s’amignonner avec sa douce amie.
Bernard MARECHAL
La rédemption d’une fripouille.
Condamné pour carambouille, l’ex président de la République avait été exilé dans une strate perdue de l’espace-temps, une sorte de Moyen-Âge semi-glaciaire très arriéré, avec le titre purement honorifique de patron de bistrot chargé d’innover au registre des alcools forts, afin de satisfaire une clientèle de fripouilles en poulaines qui écumaient les campagnes, scories d’une société décadente que le Juge Suprême espérait voir revenir à l’obéissance.
On l’avait autorisé à amener sa légitime, car elle était plutôt mignonne, ce qui émoustillait fort les clients, prompts à l’amignonner et à lui demander des gâteries furtives. Le président-bougnat s’en émouvait parfois, affligé de constater qu’elle répondait avec moult sourires aux propositions des ivrognes, tandis qu’elle le battait froid comme aux premiers temps de leur aventure.
Enroué à cause d’un climat que les zouaves de la start-up nation et des pétrodollars n’avaient pas encore détraqué, et où les hivers étaient plus rudes qu’à son époque, il devisait sur le temps béni où les Assemblées votaient des lois conformes à ses désirs.
Désormais, on lui demandait de rafistoler des conflits de voisinage entre manants comme s’il était un vulgaire juge de paix provincial, pour des histoires de serpolet mangé indûment par le lapin des voisins, on le trimballait cahin-caha sur des chemins mal empierrés, dans des carrioles mal suspendues, sur des distances énormes qui lui laissaient les reins en compote.
Il ruminait sa nostalgie des trajets en jet officiel au bilan carbone indécent, ou en limousines à l’atmosphère feutrée, les visites d’État prétextes à visiter palais, monuments antiques, plages de sable doré ou mangroves délicieusement tièdes et humides.
C’est dans ces moments qu’il regrettait amèrement de s’être laissé aller à ses rêves de grandeur politique : il aurait dû rester banquier d’affaires, et continuer à se goberger avec les revenus générés par ses amis ministres.
Il se réfugiait alors sous les voussures miteuses de son logis de fonction, soliloquait dans sa barbe fine, puis remontait dormir dans la soupente où il faisait lit séparé, déversant son âcreté dans le cérumen de sa chienne, qui s’en fichait totalement
Annie HUPE
Amignonner le bougnat !
tu n'y penses pas !
Ce zouave toujours affligé,
toujours amoureux d'une épouse salie, enrouée, par
les scories de son commerce, tu connais la
chanson.
Tu soliloques, fripouille!
tes furtives combines de bistrot tu
peux les garder, en rafistoler ta vie d'artiste
en carambouilles.
Marécage
ou mangrove, cahin-caha dure sa vie
laborieuse. Sous les voussures des soupentes
moult marxistes devisent : il faut en finir, en
finir avec l'âcreté de l'obéissance à la
seule nécessité, il faut innover.
On
veut du soleil,
du thym et du serpolet
des gâteries,
des merveilles.
On veut du soleil.
*****
Alain
HUPE
Cet écrivassier est toujours affligé, dès qu’il se livre à un soliloque dans lequel il tente de rafistoler moult carambouilles de brouillons éparpillées sous la voussure de son cerveau. C’est pourquoi le soir, il préfère aller au bougnat du coin faire le zouave, la fripouille inspirée qui innove au-delà de tous ses "concurrents" sur lesquels il déverse des tonnes de gâteries d’âcretés ! Selon lui, ils butent sur des soupentes de vieux styles enroués où les phrases se heurtent cahin-caha. Lui, il devise sur ses poèmes aux rimes amignonnées qui obéissent à une règle aléatoire. Pas vraiment furtif, il vante son imagination foisonnante, ses tournures qui se développent comme des mangroves d’associations libres cousues de fil blanc. Foin du laurier, il vante le serpolet aux scories sauvages d’une langue originaire. « La plupart des écrivains sont comme des joueurs de foot avec des poulaines au pied !», aime-t-il à clamer. Et il ajoute « Des bouchons de cérumen les empêchent d’entendre ce qu’ils écrivent ! » Mais à ce bistrot, il prêche souvent dans le désert ...
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