Pour ce n° 123 de Lichen, 21 mots ont été récoltés, donnés par 10 lectrices et lecteurs :
Verbes 6 |
Adjectifs 2 |
Substantifs 13 |
Autres |
21 |
hériter |
tiédasse |
harpail |
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faillir |
érogène |
pimbêche |
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inhiber |
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ultracrépidarianisme |
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obtempérer |
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pensum |
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subvertir |
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ridule |
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lézarder |
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aporie |
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crête |
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foliole |
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gorgone |
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zizanie |
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vercoquin |
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mandragore |
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affût |
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Pour ce mois-ci, nous avons 7 contributions
Éric Cuissard
MAIS QUE FAIT LA POLICE
Je lézardais aux côtés d'une pimbêche aux ridules bien avancées, plutôt tiédasse, le genre à t'inhiber les zones érogènes quand je faillis me décolorer la crête devant la zizanie provoquée par l'apparition d'une gorgone qui subvertissait la jeunesse locale avec une décoction de foliole de mandragore. À l’affût depuis des heures les ados se précipitaient pour obtenir leur came non sans avoir obtempéré à l'ordre de lire un pensum pseudo-zen hérité d'un bref séjour dans un ashram. Les gamins s'éparpillaient ensuite tel un harpail au passage du TGV. Nonobstant mon ultracrépidarianisme régulièrement dénoncé par mes meilleurs amis, je ne porterais pas de jugement sur le comportement de la dame considérant le problème proche de l'aporie. Je préfère me replonger dans la lecture de Vercoquin et le Plancton de mon cher Boris Vian.
Bernard Maréchal
Dans l’atmosphère tiédasse d’une soirée calme, un dix-cors gravissait la crête boisée qui menait au belvédère surplombant une combe verte et humide ; son harpail de quinze biches le suivait docilement, grignotant au passage, comme distraitement, un bourgeon ou une foliole, histoire de ne pas donner l’impression qu’elles étaient captivées par ses énormes bourses et qu’elles obtempéraient simplement à une sollicitation érogène. Cependant, pas question de lézarder : le roi cornu ne tolérait aucune insoumission, et si l’une ou l’autre de ses pimbêches s’écartait de la troupe ou provoquait la moindre zizanie, le pensum était rude et immédiat : de grands coups de tête dans les flancs, une ou deux ruades, et l’ordre revenait. Elles étaient toutes tellement inhibées qu’il ne leur venait que très rarement l’idée de faillir à leur dévotion, excepté lors des grands brames et des combats d’automne. Si un jeune bien embranché, poussé par l’abus de mandragore et à l’affût de saillies alléchantes, venait défier leur roi, pour subvertir l’ordre établi et renouveler le stock génétique, les biches redevenaient de belles femelles ouvertes à la nouveauté et à de fringantes expériences.
Le dix-cors avait lui-même hérité de la harde après un beau combat, trois ans auparavant. Sous l’os dur, son cerveau obtus moulinait confusément une réflexion qui tournait à l’aporie : sans lutte, pas de harde docile, mais lutte perdue, plus de harde ; le premier échec pouvait le renvoyer à la solitude du vieux mâle impuissant, qu’un imbécile en livrée rouge et or abattrait après une course pleine d’abois furieux. Il connaissait les humains et leurs meutes, il les avait souvent dupés, parfois de peu. Il ...
Et ensuite ? Comment Boris allait-il insérer ce morceau de bravoure dans son Vercoquin ? Il avait écrit cette page pour démolir la chasse à courre, il avait aussi pondu récemment un petit dialogue parlant de mythologie marine, avec gorgones et méduses, et se sentait bizarrement atteint d’ultracrépidarianisme.
Reste dans ta zone de compétences, se dit-il. Les chasseurs, c’est pareil que les militaires : ils peuvent bien se détruire tout seuls. Et la mythologie, c’est pour les universitaires, conclut-il, en caressant rêveusement les premières ridules au coin de ses yeux. Adieu les biches ! Retour au plancton ! À la corbeille, les pages incasables !
Annie Hupé
Hétérodoxie
Un ultra
crépi d'arianisme ! alerte, c'est déjà dur
d'obtempérer avec les orthodoxes toujours à
l’affût. La zizanie va lézarder la
colonie.
Pour une ridule la pimbêche
a failli subvertir le Mage, exigeant un
extrait de racine de mandragore. Un coup de
vent tiédasse a dépeigné la gorgone, s'en
est suivi un pensum vertigineux à
la crête de l'aporie. De foliole en
folio, Vercoquin (c'est son nom) a inhibé toute
sphère érogène.
J'ai hérité de
sa crosse.
Guillemet de Parenthèse
Ultracrépidarianisme
Le valeureux Vercoquin, tapi à l’affût sous un buisson, surveillait un bel harpail en train de lézarder, broutant la verte foliole affolante dans une clairière discrète, juste sous la crête, sans que les biches paraissent inhibées de quelque façon…
Soudain, il hérite d’une pimbêche tiédasse, surgie d’on ne sait où, qui lui tombe brutalement sur la ridule, comme une gorgone assoiffée sur une pauvre mandragore innocente.
À cheval sur son dos, elle empoignait son fusil, tentant de le subvertir.
Quelle zizanie ! Quelle aporie ! Quel pensum !
Situation pas érogène pour deux sous, là-dessous !
Il faillit obtempérer, tant elle était en furie…
Mais…
Nicéphore Topinambour
Je pratique couramment l’ultracrépidarianisme ultra-crétin, la preuve :
Je suis capable de vous parler très savamment
d’un affût futé sur un fût de thé athée,
d’une aporie pourrie partie à Paris, pardi !
d’une crête coquette quelque part en Crète,
d’une zone érogène qui gêne le genou d’Eugène,
d’un failli finaud en fuite fatale en Finlande,
d’une folle foliole affolée par la foule,
d’une gorgone qui se gargarise la gorge (chez Georges),
d’un harpail jouant de la harpe dans la paille,
d’un héros étonné héritant d’un bénitier,
d’un imbibé inhibé imbu (et barbu),
d’un hasard qui lézarde le Pont des Arts — comme c’est bizarre ! —,
d’une mandragore qui se goure et drague son amant avec des dragées,
d’un père obtus qui tempère, puis obtempère,
d’un pauvre penseur penché qui pense à son pensum,
d’une pimbêche qui peint avec une bête bêche,
d’une ridule ridicule
qui subvertit jusqu’au vertige,
d’une bêtasse tiédasse, pleine de crasse,
d’un Vercoquin très très coquin
et même de la zézéyante zizanie d’Annie… !
Alain Dambreville
ATTILA
Nos voisins sont charmants. Tout irait bien s’ils n’avaient eu l’imprudence de faire hériter leur unique fils du prénom terrifiant d’Attila.
A peine 10 ans et il ne cesse de subvertir notre univers ! Il puise dans les réseaux sociaux tous les vices de l’humanité. Sans cesse il nous assomme de questions stupides d’un ultracrépidarianisme jonché d’apories les plus offensantes. Exemple, il traite ma compagne Marie de pimbêche, de biche érogène coupable de semer la zizanie dans l’harpail du bois de Boulogne. Le rencontrer avec son facies de gorgone devient pour moi un pensum quotidien, j’en attrape des ridules sur les tempes ! Il lézarde toute la journée à l’affût du retour de Marie ; il l’apostrophe : « T’es chaudasse ou tiédasse ? t’en raffole du ver-coquin ? ». Là, j’ai failli perdre mon sang froid d’autant que rien ne semble l’inhiber. Récemment, il a absorbé de la mandragore, substance hallucinogène hyper-dangereuse. Avec ses comparses, ils en avaient prélevé des folioles sur la crête d’une colline. Même la police, dans ce cas, a été impuissante ; il a refusé d’obtempérer.
Alain Hupé
« Madame Bovary, c’est moi » a écrit Flaubert. Certes, il n’est pas l’héritier failli d’un romantisme tiédasse, mais son roman décrit l’aporie de l’écrivain que la gorgone pétrifie en son personnage, pimbêche à la ridule érogène qui lézarde un sourire inhibé. Non, il n’obtempère pas au vercoquin à la Hugo ! Il subvertit la mandragore dans son pensum, celle-ci apporte la zizanie en une crête de folioles désirantes, figures de son ultracrépidarianisme, tel un harpail sous affût.
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