L'atelier des mots donnés

 

 


Pour ce n° 122 de Lichen, 27 mots ont été récoltés, donnés par 16 lectrices et lecteurs :


Verbes 4

Adjectifs 7

Substantifs 16

Autres 0

27

attifer

corrodé

accordéon



crier

émacié

accord



lever

idoine

ambages



sortir

ineffable

amphitryon




maboul

autoportrait




mirobolant

dahu




poudreux

gandoura





guêpe





joie





néflier





onctuosité





organza





osmose





robustesse





sorcière





zist




Et 6 contributions pour ce numéro.


 

 

Bernard Maréchal


Tous les gosses de la colonie attendaient impatiemment la chasse au dahu. Les moniteurs leur avaient expliqué, avec onctuosité, que ce serait un peu comme une chasse aux sorcières. On ferait une énorme sieste en fin d’après-midi, puis on aurait un repas roboratif qui permettrait d’attendre la nuit pour sortir. Il y aurait ensuite le grand jeu de piste, en groupes de six, encadrés par les monos, avec des lampes frontales, et on irait jusqu’à une maison éloignée et isolée où quelqu’un les attendait pour les derniers conseils.

C’était peut-être une maison de sorciers, d’ailleurs, ce qui redoubla l’enthousiasme et la joie des enfants : tous ces petits aux visages émaciés, qui n’avait pas souvent vu la campagne et la montagne, ressentaient une foule de sentiments ineffables. Et quand on leur expliqua qu’il faudrait s’attifer comme pour un carnaval ou Halloween, ils devinrent quasiment mabouls. L’expédition promettait d’être mirobolante.

On fouilla dans de grands coffres pour dénicher des tissus et des frusques à faire peur, le mono en chef se vêtit d’une gandoura grise et poudreuse, et on tailla, à grands coups de ciseaux, des ponchos et des cagoules dans des coupons d’organza rose indien. Le tissu, bien que corrodé et troué par endroits, fut cousu grossièrement, sa robustesse tiendrait jusqu’au matin suivant, et ils pourraient l’emporter chez eux à la fin de la semaine. L’osmose entre les moniteurs et les gosses était parfaite, faisant oublier les tensions du début.

La troupe arriva, guère avant minuit, par des sentiers tortueux, à une bâtisse isolée et gigantesque, et fut accueillie par un air d’accordéon, sur des accords approximatifs, et un vieux monsieur leur ouvrit la porte d’une grange.

«  Je suis votre amphitryon, dit-il sans ambages, et je vais vous régaler.  » 
Les gosses tiquèrent un peu sur le mot savant, et acceptèrent la collation, des fruits, du pain bis, de l’eau. Le vieil homme leur dit de bien éplucher les oranges, parce que leur zist est amer et son odeur fait fuir les dahus.

« Il ne faudra pas crier, je vais vous donner des sacs de jute idoines pour la capture de la bête sauvage. Vous contournerez le néflier au fond du jardin, vous tâcherez de ne pas réveiller les guêpes, ces animaux ont le sommeil léger. Et vous suivrez les marques que j’ai laissées sur les arbres et les buissons. Quand vous verrez arriver le dahu, qui penche à droite, vous lèverez votre sac en l’inclinant aussi, et vous l’abattrez vite sur sa tête, et vous tirerez sur le cordon de fermeture. Et c’est tout ! Une fois enfermé, il ne bouge plus. Quand vous reviendrez avec vos prises, vous pourrez faire un autoportrait comme les grands chasseurs de fauves. »

Un des gosses demanda : « Monsieur, c’est quoi un autoportrait ? »

Le moniteur en chef, qui avait réponse à tout, répondit : « C’est un selfie, gros bêta ! »

Alors, ce fut une explosion de cris et de bonheur. La colo, ils y reviendraient l’an prochain.



Annie Hupé


Voyage affligeant

La sorcière a crié, l'ineffable amphitryon a chanté, et je me suis levé ... corrodé, émacié presque poudreux, que faire ?
J'enviais la robustesse de l'hôte mirobolant, robustesse non dépourvue d'onctuosité, capable de détourner une guêpe maboule, ivre de sucre, capable d'affoler toute princesse en robe d'organza par ses triolets à l’accordéon.
Sans l'accord de l'hôte, sans joieattifé d'une sombre gandoura, coiffé de fleurs de néflier, je suis sorti, qu'espérer ?
Je reconnus mon autoportrait tracé sur un nuage. J'éclatais en sanglots.



Éric Cuissard


SCÈNES MUSICALES GYMNIQUES ET POÉTIQUES 


Un ineffable amphitryon, un rien maboul attifé d'une gandoura mirobolante et d'un keffieh idoine jouait d'un accordéon légèrement corrodé pour la joie d'une sorcière émaciée dont la taille de guêpe et le teint poudreux contrastait avec une terrible robustesse. En effet la pythie se levait en accord avec le refrain en criant comme une colonie de vacances à la chasse au dahu et grimpait sans ambages dans un pauvre néflier ressemblant en tous points à l'arbre que l'on voit derrière l'autoportrait de Guillemet de Parenthez, ce type déguisé en père Noël qui, drapé dans une tunique d'organza, lit de la poésie avec onctuosité en osmose avec des musiciens auxquels rien ne RÉ-ZIST.

Ouf ! J'ai bien cru ne pas arriver à m'en sortir !

 


Alain Dambreville


Organza dite Zaza l’impudique.


La belle mère de ma cousine se prénomme Organza. Elle raffole de s’attifer de voiles transparents. Lorsqu’on lui fait des remarques, elle crie, se lève et sort précipitamment. Son visage émacié et poudreux donne l’image d’un être tourmenté. Enivrée à l’idée de ses tenues ineffables qu’elle qualifie de mirobolantes, elle bondit de joie et saute au cou de Jean, son époux, véritable amphitryon de générosité, fou d’elle, qui lui joue de son vieil accordéon en néflier tout corrodé tandis qu’elle s’amuse à serrer sa taille de guêpe dans une gandoura de voiles diaphanes. Leur accord confine à l’osmose et jouit d’une robustesse sans limite. Organza aime à réaliser son autoportrait en compagnie de sa sœur avec qui elle déguste des zestes de citron et du zist d’orange confite. Cette sœur, un peu jalouse, un peu sorcière aurait fricoté dans son adolescence sauvage avec une sorte de dahu dégénéré. Elle confit, sans ambages mais avec onctuosité, à qui veut l’entendre que l’adjectif idoine concernant Zaza est « maboule ! ».



Guillemet de Päranthez


Un air de polka

La sorcière s’est levée pour saluer, sans ambages,

par les accords d’un vieil accordéon corrodé,

cet amphitryon émacié complètement maboul

qui s’était attifé d’une mirobolante gandoura

taillée dans un organza dont l’onctuosité poudreuse

et la robustesse idoine sortaient de l’ordinaire

puis elle est allée admirer l’autoportrait peint par le dahu de service

et écouter la joie de la guêpe s’ébattant dans le zist des néfliers

et criant à tous les vents : « ineffable osmose ! »,

sur un air de polka.



Nicéphore Topinambour


Colère

Je me suis levé, j’ai crié : « Zist ! » et je suis sorti.

Non, mais c’est vrai, quoi ! Moi, j’suis pas d’accord !

Y’a d’quoi d’venir maboul ! Je vous le dis sans ambages :

cet amphitryon attifé d’onctuosité m’insupporte considérablement !

Je vais lui mettre l’autoportrait en accordéon émacié, ça va pas faire un pli !

Malgré sa robustesse de sorcière en gandoura à la taille de guêpe

et son air de dahu ineffable, j’m’en va lui corroder l’osmose

et lui tricoter l’néflier en organza poudreux,

avec la joie idoine, t’as qu’à croire !



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