Je m’en veux
Pour des gestes d’immaturité
Que j’ai eus
Pour des gestes de générosité
Que je n’ai pas eus
Je m’en veux
Pour des rendez-vous manqués
Pour des occasions ratées
Je m’en veux
Suis-je sincère ou me vois-je plus beau que je ne suis ?
Honte à vous
Qui sur trop de certitudes vous reposez
Qui pas assez de doutes n’endurez
Honte à vous
Tondeurs de femmes
Censeurs, moralisateurs
Honte à vous
Profiteurs des malheurs des autres
« Bandits à face d’apôtre »
Colère et dégoût d’Eluard qui n’a cessé de les dénoncer
Douleur et élégance de Pompidou défendant
« La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée » (1)
Cette jeune professeure qui
Pour avoir aimé au-delà de la morale bien-pensante
A été acculée au suicide !!
Cette jeune femme qui
Pour avoir aimé au-delà des injonctions normatives
S’est donné la mort !!
Suis-je sincère ou me vois-je plus beau que je ne suis ?
Pour des gestes d’immaturité
Que j’ai eus
Pour des gestes de générosité
Que je n’ai pas eus
Pardon
(1) Extrait de « Comprenne qui voudra », de Paul Eluard
Michel Betting a découvert la poésie et l'écriture sur la tard, vers la cinquantaine, par le biais du haïku. Il s'essaye également au tanka, au pantoun et à la poésie de forme libre, quand l'inspiration veut bien le visiter, toujours avec des mots et des formes simples. Présent dans les n° 20, 21, 22, 25, 27, 28, 29, 32, 33, 34, 35, 37, 39, 40, 41, 42, 43, 45, 46, 48, 52, 54, 59, 61, 117, 120 de Lichen.
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