Olivier-Gabriel Humbert

 

 

Les gestes qui disparaissent

Vestiges d’époques volatilisées,
Perdus ou tombés dans l’inanité,
Les fragiles gestes et actions d’antan
Sont des enfants abandonnés par le temps :

Sceller une lettre à la cire fondue,
Soulever son chapeau pour saluer l’amie,
Tremper la plume en métal dans l’encrier,
Tourner la manivelle du gramophone,
Animer une soirée diapositives,
Déplier une grande carte routière,
Dans la fente d’un téléphone public,
Glisser une pièce et tourner le cadran,
Tourner les pages trop fines d’un bottin,
Enlever une disquette d’un lecteur,
Rembobiner sa K7 avec un bic,
Chercher l’attestation avant de sortir.

Aujourd’hui, nos mains font d’autres expériences :
Sur les écrans, les doigts inventent leurs danses.
Combien de temps encore avant que ces gestes
Subissent à leur tour un destin funeste ?




Olivier Gabriel Humbert vit entre Isère et Savoie. Parallèlement à l'enseignement, poète, puis peintre, puis à nouveau poète, il s'intéresse à la poésie de toute époque et de tout lieu, aux formes fixes plus ou moins connues et aux contraintes de manière générale dans l'écriture. Il est l'auteur de 77 variations sur le Notre Père, de Pangrammes et d'un recueil sortant en 2020 : Cyclothymie, Pythagoriciens aux éditions mesmots, ainsi que de deux recueils de haïkus Oratorio-libellules... et  Sous le soleil ou entre les flocons : Loin des Présent dans les n°71, 82, 89, 95, 101 et 119 de Lichen



 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire