Pierre Ech-Ardour

 

 

 

Voici les noms

Chemot – Exode
 

 extrait



Rougeoyantes 
les braises au cœur 
de la forge des mots,
d’où s’échappent flammes et cendres
jusque dans les arbres 
et dans les pierres. 1
S’immisce l’ombre de paroles tourmentées
dans les barreaux de l’air.
Révèle le feu
sans trop d’étincelles
l’oiseau blanc
né des fumées.

(à Paul Celan)





Pierre Ech-Ardour réside à Sète. En son rapport intime aux lettres, sa poésie, « tours de mots » où interfèrent extrinsèques lumières et clartés profondes, incarne la parole d’une utopie propice à l’approche des sources du monde. Sa poésie traduit ce battement, cette trame discrète où s’orfèvre le poème ; chaque mot porte le déplis d’une pensée poussée à l’orbe des confins. L’écriture, jouant de sa lumière et de sa contre lumière, laisse doucement à l’entente la palpitation du froissement et du défroissement des mots, conservant perpétuels leur vastité et leur espoir. Ce sont dans ces amples et discrètes variations que la parole trouve son surgissement de visage, cette force particulière d’être elle-même l’envol de ce qui d’un coup se dévoile à la vue et à la pensée et aussitôt se dérobe, insoluble. Et si se laisse saisir par la peau que donne la traverse des langues, des souffles terrestres, des sensualités et des mémoires d’une certaine intimité, sa poésie est une voix portée, une entière adresse à l’humain et à son tremblement d’infinité.


Il a publié une quinzaine de recueils de poésie et a obtenu en 2018 le Premier Prix de Poésie décerné par les Gourmets de Lettres sous l'égide de l’Académie des Jeux Floraux à Toulouse.


Présent dans les n° 95, 97, 100, 103, 106, 107, 109 et 125 de Lichen.


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